Qu’est-ce que les charges locatives et comment bien les fixer ?

07/01/2026Louer son logement

Les charges locatives représentent une part importante du budget d’un logement mis en location. Elles couvrent des dépenses liées à l’entretien courant du bien, aux services collectifs et à certaines consommations. Pourtant, de nombreux bailleurs peinent à identifier précisément ce qui est récupérable auprès du locataire et ce qui reste à leur charge. Une estimation imprécise peut créer des tensions, conduire à des demandes de remboursement ou générer des pertes financières. Comprendre le fonctionnement des charges locatives, s’appuyer sur les règles officielles et assurer une régularisation annuelle claire permet de sécuriser la relation bailleur-locataire.

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Qu’est-ce que les charges locatives ?

Pour gérer correctement un bail, le propriétaire doit d’abord comprendre ce que recouvrent exactement les charges locatives et leur logique de fonctionnement.

 

Définition

Les charges locatives sont les sommes demandées au locataire en complément du loyer pour couvrir certaines dépenses liées à l’usage du logement et des parties communes. Ces frais sont avancés par le propriétaire, puis récupérés lorsque la réglementation l’autorise.

⚖️ Elles sont strictement encadrées par décret, qui distingue les charges récupérables de celles restant à la charge du bailleur.

 

Typologie des charges

Les charges locatives couvrent principalement :

  • 🏢 les dépenses d’entretien courant de l’immeuble ou du logement,
  • 💧 les consommations d’eau froide et d’eau chaude lorsqu’elles sont collectives,
  • 🌡️ les frais liés au chauffage collectif,
  • 🛗 les services communs, comme l’ascenseur, le ménage ou l’éclairage des parties communes,
  • 🗑️ la gestion des ordures ménagères.

Ces dépenses correspondent à l’usage quotidien du logement par le locataire.

 

Exemples concrets

Dans la pratique, les charges locatives peuvent inclure :

  • le nettoyage des halls, escaliers et couloirs,
  • l’achat de produits d’entretien pour les parties communes,
  • la consommation d’eau collective lorsque les compteurs ne sont pas individualisés,
  • les contrats de maintenance des équipements collectifs, comme une chaudière ou un ascenseur,
  • l’électricité nécessaire à l’éclairage des parties communes.

Quelles sont les charges récupérables ?

La liste des charges récupérables est strictement encadrée par la loi afin d’éviter toute facturation abusive.

⚖️ Cadre légal

Les charges récupérables sont définies par un décret qui sert de référence officielle pour leur calcul et leur répartition. Il détermine précisément les dépenses pouvant être refacturées au locataire.

 

Charges liées au bâtiment

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Charges liées aux services

🔎 Certaines charges concernent directement l’entretien et le fonctionnement des parties communes :

  • l’entretien des espaces communs,
  • la maintenance des équipements collectifs,
  • l’éclairage des halls et couloirs,
  • l’eau utilisée pour les espaces partagés.

 

 

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🔎 D’autres charges sont associées aux services collectifs fournis aux occupants :

  • le chauffage collectif,
  • la distribution d’eau chaude,
  • la gestion et l’enlèvement des déchets, 
  • l’ascenseur, pour sa maintenance et sa consommation électrique.

💡 A NOTER : la répartition s’effectue selon les règles prévues par la copropriété.

 

Comment calculer les charges locatives ?

Le calcul des charges locatives doit reposer sur des données réelles, fiables et vérifiables.

Principes à suivre

📋 Pour fixer les charges correctement, le bailleur doit :

  • s’appuyer exclusivement sur le décret des charges récupérables,
  • utiliser les dépenses réelles constatées sur l’immeuble,
  • répartir les charges en fonction de la part liée au logement, selon les tantièmes ou les relevés de consommation,
  • vérifier l’ensemble des contrats et factures afin d’éviter toute erreur ou omission.

Cette méthode permet d’établir des montants cohérents et justifiables.

 

Méthodes courantes

Deux modes de facturation sont principalement utilisés :

  • 1️⃣ la provision mensuelle avec régularisation annuelle, qui consiste à lisser les charges sur l’année,
  • 2️⃣ le calcul sur la base des charges réelles de l’année précédente, avec ajustement lors de la régularisation.

En présence de compteurs individuels, la répartition se fait selon les consommations effectives.

 

Bonnes pratiques

Une gestion efficace des charges passe par une organisation rigoureuse :

  • ✅ tenir un tableau de suivi des dépenses,
  • ✅ conserver l’ensemble des justificatifs,
  • ✅ centraliser les factures annuelles,
  • ✅ classer les documents par poste de charges.

 

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Comment faire la régularisation annuelle ?

La régularisation annuelle permet d’ajuster les provisions aux charges réellement supportées.

⚙️ Fonctionnement

Le bailleur compare les provisions versées avec les charges récupérables réelles :

  • un trop-perçu est restitué au locataire,
  • un complément peut être demandé en cas d’écart.

Le locataire doit pouvoir consulter les justificatifs.

 

🗂️ Documents à présenter

Lors de la régularisation, le bailleur doit être en mesure de fournir :

  • le détail des dépenses réelles,
  • les relevés d’eau ou de chauffage lorsqu’ils sont individualisés,
  • les appels de charges transmis par le syndic,
  • la liste des contrats d’entretien en cours.

Ces éléments permettent de justifier les montants demandés.

 

💡 Conseils pour éviter les litiges

Pour limiter les contestations, il est recommandé de :

  • préparer un document clair et structuré,
  • accompagner la régularisation d’une explication simple,
  • prévoir un délai raisonnable pour le paiement d’un éventuel complément.

Quelles sont les erreurs fréquentes des bailleurs et comment les éviter ?

Certaines erreurs fragilisent la relation locative.

❓ Mauvaise compréhension des charges

Des confusions persistent entre charges récupérables et dépenses du propriétaire, notamment concernant les gros travaux ou certains frais oubliés.

 

💥 Problèmes de transparence

L’absence de justificatifs ou d’explications claires alimente les tensions lors de la régularisation.

 

🔢 Mauvaise méthode de calcul

Des montants forfaitaires mal évalués ou des provisions sous-estimées entraînent des ajustements difficiles à accepter.

Charges non récupérables : ce qui reste à la charge du propriétaire

Certaines dépenses ne peuvent en aucun cas être refacturées au locataire.

Dépenses qui ne peuvent pas être facturées

Il s’agit notamment :

  • 🏗️ des gros travaux de rénovation,
  • 👥 du remplacement d’équipements collectifs,
  • 🤝 des honoraires de gestion locative,
  • 💰 des frais de syndic non liés aux charges récupérables.

Ces dépenses relèvent de la responsabilité exclusive du bailleur.

 

Responsabilités du bailleur

Le propriétaire doit assurer :

  • 🧹 l’entretien structurel du logement,
  • 🛠️ la gestion des réparations importantes,
  • ⚖️ la mise aux normes des installations.

Ces obligations garantissent la décence du logement et la conformité réglementaire.

Picto 3

Ce qu’il faut retenir sur les charges locatives

 

La bonne gestion des charges locatives repose sur une règle simple : se baser sur la liste officielle des charges récupérables, conserver l’ensemble des justificatifs et communiquer clairement avec son locataire, notamment lors de la régularisation annuelle. Un calcul précis permet d’éviter les contestations, de rassurer le locataire et de garantir une gestion locative efficace. Pour simplifier ces démarches, de nombreux propriétaires choisissent de déléguer la gestion des charges à un professionnel capable de centraliser les informations, vérifier les postes récupérables et présenter un décompte clair chaque année.

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